07 juin 2008
Vive le moyen age...
Ouh là la! Quelle aventure! Je viens de terminer mon gros roman qu se passe au Moyen Age. 200 000 signes, un petit prout face à certains ros pavés, mais un record pour moi.
Plus d'un an de boulot. Pfiou. Il faut tout vérifier: les vêtements, leur façon de se déplacer, de manger, de se soigner... leurs habitudes, leurs croyances. Quel boulot!
Heureusement, je vais refiler le bébé à mes lecteurs habituels: mari-fille-amies- et surtout mon collègue et ami Stéphane qui va me corriger tout cela avec une infinie patience. Merci à lui d'avance.
Allez, maintenant qu'il est imprimé faut relire pour les coquilles.
A+
06 juin 2008
Dernères corrections
Et voilà... ça va vite, c'est un peu imprévu et puis... tout s'accélère! J'en suis aux corrections, hier j'ai envoyé une photo (hips) et une bio rapide. J'ai un peu bidouillé ma bio qui se trouve sur le recueil et hop!
Les épreuves, c'est le livre "à plat". On a déjà l'idée de ce que ça va donner, sans vraiment l'imaginer entièrement. C'est mon premier roman jeunesse, je suis un peu émue.. Il s'appellle Nord-Sud et c'est un peu ma vie... non non, vous inquiétez pas, je raconte pas ma vie... ce que je veux dire, c'est que le Nord, le Sud, l'opposition c'est un peu ma vie entre l'Alsace où je vis et le Maroc d'où est originaire mon mari.
J'ai trouvé encore quelques petits boulons à serrer, quelques virgules à ajouter, des points aussi. Et même des majuscules à supprimer. Rien ne sera trop bien pour mon petit roman ado.
Et le plus beau, c'est quand j'ai donné ma parole à un éditeur (du Nord , la même semaine une éditrice (du Sud) m'a contactée par téléphone pour l'éditer. Quand je dis le Sud, c'est vraiment le Sud: c'est à dire le Maroc. Hou hou... J'ai dû dire non.
Quelle ironie! On court après un éditeur qui voudrait bien un tout petit peu s'intéresser à ce qu'on fait et la MEME semaine DEUX éditeurs s'intéressent au MEME texte!! Elle a fini par me promettre qu'elle me prendrait un autre texte. Qui lui plait. Mais mopins. Et là je doute. On verra bien.
En attendant, je resserre encore quelques boulons, je donne mon aval pour le BAT et je sute dans le vide. On verra bien.
25 avril 2008
RENDEZ-VOUS AU PARKING
Connaissez-vpus l'émission Parking de nuit, sur France Inter?
Eh bien dimanche, Sophie Loubière a lu une de mes nouvelles, tirée de mon recueil!! Vous pouvez la réécouter:
iici (il faut aller dans l'émission du dimanche 20 avril):
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/parkingdenuit/
Vous avez encore quelques jours, c'est jusque au 20 mai...
Et allez, encore un peu de pub. Pour le commander, c'est ici:
L'écoute est sympa: elle mêle musique, bruitages, angoisse. Merci Sophie!
17 avril 2008
PARTIE DE PETANQUE
Une partie de pétanque.
C’est Juju qui en avait eu l’idée. Pour se préparer aux vacances, disait-il. Nous avions fait deux équipes : Juju et moi , Pierre et Tom. Juju n’arrêtait pas de nous rebattre les oreilles de tout un vocabulaire bien ciblé. Nous n’étions plus des équipes, mais des doublettes. Il fallait « pointer » ou « tirer » et tout un tas d’autres mots dont j’ai oublié jusqu’à l’existence. De toute façon, cette unique séance nous guérit tous à jamais de la pétanque.
Dans le Sud, pendant l’été, quand je vois, au loin, sous les palmiers de la place, des hommes, jambes à demi fléchies, torse en avant et main pointée vers le ciel, je fais immédiatement demi-tour. Rien que les voir me rend malade.
Dans la cour de notre immeuble, sous un soleil brûlant, les points étaient également répartis entre les « doublettes » et la tension était à son summum. Nous nous regardions les uns les autres avec méfiance. Je tirai et plaçai la dernière de mes boules. Et ce fut au tour de Juju de tirer la sienne. Il balançait le bras en avant, élastique sur ses jambes, fermait un œil , puis se déplaçait jusqu’au cochonnet et à ma boule bien placée, marmonnait quelques incantations, puis revenait à sa place et reprenait sa position. Les autres ronchonnaient, arguant qu’ils n’allaient pas y passer la nuit, qu’ils avaient d’autres chiens à fouetter... Je finis moi-même par le supplier de jouer, craignant le pire. Finalement il leva sa main, rouge, congestionnée, prit son dernier élan...
Ce fut ce moment que choisit ma mère pour ouvrir la fenêtre de notre appartement situé au rez de chaussée de l’immeuble. Elle poussa un cri alors même que la boule, enfin lancée par Juju allait s’écraser en plein sur le cochonnet et éclaboussa Pierre et Tom ébahis.
Nous fûmes tous punis. Je leur avais pourtant bien dit de ne pas prendre ces tomates congelées pour jouer à la pétanque.
12 avril 2008
une interview sur le net
Bernard Strainchamps, de bibliosurf , m'a contactée pour que je réponde à une interview. Il m'a donné des mots-clés et j'y ai réagi. C'était un exercice plutôt agréable, et ça donne ça:
http://www.bibliosurf.com/Interview-de-Viviane-Faudi
Vous pouvez, bien sûr commenter sur le site de bibliosurf ou ici.
Bonne lecture à vous!
Viviane
10 avril 2008
PETITES ET GRANDES HISTOIRES A LA RADIO
"un soir, une histoire..." une voix suave vous l'annonce, tout juste après les infos qui durent à peine quelques minutes... C'est la nuit (tout juste après minuit) et c'est sur France Bleu!
Vous ne connaissez pas? Vous êtes un oiseau de nuit? Vous aimez qu'on vous raconte des histoires? Alors ces "petites histoires" sont pour vous. Elles durent à peine quatre minutes, le temps de s'en délecter et c'est déjà fini. Elles vous poursuivent ensuite dans vos rêves et se rappellent à votre souvenir, le lendemain en amenant un petit sourire sur vos lèvres...
J'en ai écrit 6, dont une qui est déjà passée. La prochaine, c'est lundi 14 avril au soir, et c'est "Partie de pêche"...Profitez-en, pas de pod-cast, pas de rediffusion, c'est unique, comme un petit plaisir fugace!
Et puis d'autres histoires, plus longues, plus théâtrales, ce sont les fictions enfantines sur France-Culture. De petits bijoux qui durent une trentaine de minutes, que l'on peut réécouter toute la semaine. Cette semaine, une histoire de mer:
Bonne écoute à tous!
04 avril 2008
Reconduite à la frontière
Un petit texte, dans l'air de temps, oui, c'est ça, dans l'air !
(n'hésitez pas à laisser vos commentaires, ça fait toujours plaisir!!)
RECONDUITE À LA FRONTIERE
Ce jeudi matin, au lycée Eugène Guillevic, c’est la folie. Les élèves descendent des étages et s'attroupent dans la cour. Monsieur Duroy, le proviseur, s’avance d’un pas décidé vers les deux gendarmes plantés au milieu des lycéens. L’un d’eux a enlevé son képi, le tourne et le retourne dans ses mains, l’air gêné.
— C’est les ordres, vous avez… Nos supérieurs…
Ces mots sont accueillis par des sifflets et des hurlements. M. Duroy se fraye un chemin à travers la foule énervée. Il parle d’une voix claire :
— Si c’est pour Natalya Natrislava que vous venez, nous la protégeons. Allez dire à vos supérieurs que nous venons d’alerter le cabinet du préfet. Nous nous opposons à cette décision de reconduite à la frontière.
Les deux gendarmes s’en vont, marmonnant qu’ils reviendront, évoquant les autorités, les renforts… Ils redisent ces mots comme on répète, à l’église, des prières machinales. Les élèves remontent vers leurs salles.
Natalya Natrislava, les cheveux en bataille, les yeux très clairs, est une excellente élève de terminale S. Elle n’est pas descendue dans la cour. M. Hestor, professeur d’histoire géographie et syndicaliste se charge de la protéger, en salle 318, en compagnie de plusieurs autres lycéens. Les jeunes discutent de l’arrêté d’expulsion qui vient de tomber ce matin. Ils refusent de laisser repartir Natalya et son père au Bélarus.
Mais soudain, dans le couloir, des éclats de voix font trembler Natalya. Certains élèves, courageux, se postent devant la jeune fille et le professeur se campe au travers de la porte. Mais ce ne sont pas les gendarmes. Une équipe de télévision débarque à grand bruit. La journaliste tend le micro à Natalya qui s’est avancée, un autre, caméra à l’épaule la filme. La lycéenne s’exprime dans un français impeccable. Émus, les lycéens écoutent la jeune fille parler de ce pays que son père et elle ont fui en 2000. Les autorités pourchassaient les syndicalistes, les opposants au régime. Elle raconte son histoire de réfugiée indésirable, de future expulsée.
Sa voix se brise et M. Hestor prend toute la place devant l’objectif de la caméra pour appeler le monde à s’indigner avec lui.
Finalement, la journée se termine dans le calme et Natalya loge, pour ce soir au moins, chez sa meilleure amie, Chloé, qui habite à deux pas du lycée. La nuit glisse à travers leurs discussions passionnées, leurs petits et grands secrets de lycéennes.
Au matin, la mère de Chloé s’étonne de la nouvelle coiffure de sa fille. Natalya, de ses doigts de fée a coupé en dégradé les cheveux de son amie.
Lorsqu’elles arrivent au lycée, le proviseur les attend devant l’entrée des professeurs. Il les attrape toutes les deux par le bras et les entraîne vers son bureau. M. Hestor les y attend. Ils vont monter un siège pour la protéger. Mais les gendarmes arrivent, bousculent tout le monde et saisissent la jeune fille assise près du bureau. Ils lui passent les menottes, tandis que M. Duroy proteste violemment :
— Vous n’avez pas le droit ! Nous nous plaindrons… Le préfet…
Mais les gendarmes sont venus en nombre impressionnant, comme pour la protection du président ou l’arrestation d’un dangereux malfaiteur. Ils n’écoutent rien. Ils poussent la lycéenne devant eux. « C’est les ordres… »
Samedi matin, seule dans l’avion qui l’emmène dans ce pays qui lui est étranger, la jeune fille regarde par le hublot. Le père, victime d’une attaque, sera expulsé dans quelques jours. Elle tâte son passeport dans la poche de son jean. Qui donc aurait l'idée de vérifier le passeport d'un « sans-papiers » ? Elle sourit aux nuages : elle a toujours désiré voyager, Chloé. C’est vrai qu’avec ses cheveux dégradés, elle ressemble assez à son amie Natalya.
13 mars 2008
KERMESSE
Allez, comme ça, pour rire, une petite farce
Kermesse
« Un, deux ! Un deux ! » La voix tonitruante, nasillarde de Marcel, au micro, testait la sono. Pour la cinquantième fois au moins, il cracha dans le micro « un, deux ! un ddeux ! Tu m’entends, Raymond ? »
Oui, oui, il t’entend, Raymond, tout comme la cour entière, la rue de l’école, et même dans le cimetière, au bout de la rue, juste à côté de l’église, les morts, allongés dans leurs tombes t’entendent à la perfection, Marcel.
Catherine maudissait ce Marcel qui martelait à l’intérieur de sa tête ce fameux « un deux » qui résonnait comme un marteau sur son mal de crâne grandissant. C’est qu’elle détestait les kermesses de l’école Catherine. Pourquoi diable ne les avaient-ils pas prévenus à l’IUFM de tous ces tracas intolérables et récurrents : les colliers et cadeaux hideux de fêtes des pères et des mères. Les poésies ânonnées à la fête de Noël et les chansons obligatoires à la fête des vieux. Les rencontres sportives et autres manifestations culturelles qui l’angoissaient, Catherine. Si elle avait su, elle aurait plutôt fait le concours des postes. Ou l’école d’infirmière. Non, pas infirmière, la vue de la moindre goutte de sang lui tournait le cœur. Encore une horreur : les écorchures de la cour de récréation ! Aucun cours ne leur prédisait cette plaie des récréations du primaire : les bobos, les bleus, les télescopages et les chutes. Elle aimait les enfants, Catherine. Voici ce qui l’avait conduite à être professeur des écoles. Pas animatrice de kermesse.
La kermesse. C’était le summum, le couronnement de l’année scolaire. Même quand elle était finie, cette fête attendait, tapie dans l’ombre pour revenir de plus belle l’année suivante. Avec ses lots de pacotilles, cachés dans des cartons qui prenaient une place folle dans les placards de la salle de jeux, prêts à surgir hors de leur boîte en hurlant « kermesse ! » Et ceci pour les siècles des siècles... Quant à Marcel, elle avait bien espéré qu’avec le départ en sixième de son dernier, le petit Dylan, il renoncerait à s’occuper de la sono. Au lieu de ça, le sourire en coin, l’œil mielleux, il avait dit :
- Ben...Melle Catherine, c’est pas parce que mon petit dernier s’en va de votre école que je vais vous laisser toute seule avec cette sono, hein ? C’est avec plaisir que je reviendrai l’année prochaine.
Des paroles en l’air, avait espéré Catherine. Mais elle l’avait vu débarquer dans la cour de l’école le vendredi soir, triomphant et chargé de sa fameuse sono, qu’il avait installée durant des heures dans la salle de jeux de l’école, obligeant Catherine à attendre son départ. Elle avait renoncé à son cours de yoga, pourtant salutaire. Et ce matin, il lui assenait son message lancinant. Et tout au cours de la journée ce serait pire. Des messages sur les merguez, qui étaient cuites, sur les pâtisseries qui attendaient les clients, sur le petit Thomas, perdu et qui attendait sa maman, sur la Clio immatriculée 6895 PM 68 qui gênait l’accès des pompiers....
Fatiguée. Elle était déjà fatiguée à huit heures du matin.
Les gens commençaient à arriver par grappes, se saluaient, plaisantaient sur le ciel menaçant. Comme elle espérait une pluie salutaire, Catherine ! Pas une petite bruine qui s’infiltrerait sous les habits, collerait les cheveux dans le cou et sur le visage, légère et ininterrompue. Non. Celle là n’empêcherait pas les enfants de poursuivre leur chamboule-tout et leur course à l’éponge, les parents de se gaver de merguez et de musique traditionnelle. Ce qu’elle espérait, Catherine, c’était une pluie franche, une belle averse d’été, un orage resplendissant, de magnifiques trombes d’eaux ! Une précipitation qui les jetterait tous dans la salle de jeux, ayant attrapé leur boîte en carton pleine de tickets de jeux, de bons gagnants. Les parents affolés mais hilares, hurleraient à qui mieux-mieux pour appeler leur progéniture à se mettre à l’abri. Les petits monstres n’écouteraient pas les obligeant à hausser le volume. Catherine subirait un pic de migraine invraisemblable, mais le jeu en valait la peine : départ précipité et définitif de tous ces gens errants dans la cour de son école. Un coup de serpillière rapide dans la salle de jeux fermeture de l’école et retour dans son appartement confortable, un thé devant une bête émission de télé.
Catherine contempla d’un œil noir le ciel bleu, le soleil planté à côté d’un ridicule nuage inoffensif.
La fête battait son plein, les flons-flons hurlaient leur bonheur dans la cour de l’école.
La tombola avait été l’objet d’un immense succès. Marcel avait fait tirer les numéros gagnants à une main innocente : la Lucile avait désigné le numéro 372. M. Leloir, le maître du CP fut l’heureux gagnant de ce jambon fumé, offert par le fermier du village. Le crédit mutuel avait proposé le second prix ; une magnifique boîte de crayons de couleurs, augmentée de deux boîtes de raviolis offerts par l’école. La gagnante fut Mme Delpêcheur, la femme du boulanger.
Le tirage de la tombola avait été d’une longueur navrante. Catherine se sentit découragée en songeant aux chants qu’il faudrait faire crachouiller aux enfants de l’école. Elle consulta sa montre : à peine 13h45. il lui faudrait encore tenir jusqu’à 17 heures, avant d’insister pour que les jeux cessent et que les gens rentrent enfin chez eux. Un interminable après-midi....
Les enfants poursuivaient leurs batailles de pistolets à eau. Premiers lots gagnés grâce aux jeux, les bambins avaient délaissé les différents stands pour remplir consciencieusement leurs carabines, pistolets, voire bazookas aux robinets devant les toilettes, convertis pour l’occasion en une immense cascade qui se terminait en un lac impressionnant... ils se trempaient des cheveux en épis gélifiés mais plus vraiment secs, aux ongles des doigts de pieds, tout mous d’humidité.
Le vent qui se levait rappela à Catherine l’horrible torticolis qui lui avait infligé des douleurs atroces la semaine précédente. Elle n’avait, bien sûr, pas pu prendre un congé maladie, à cause de cette fichue kermesse à préparer. Mais juste le jour où elle commençait à aller mieux, il lui fallait gérer la caisse, les envies de pipi des tout-petits, les enfants perdus qui cherchaient leurs parents, les parents perdus qui cherchaient la sortie... Elle décida de s’absenter pour aller chercher une écharpe afin de la protéger d’une rechute.
Après une excuse à peine voilée, invoquant les vertus diurétiques de la bière, la chaleur de cet extraordinaire après-midi estival qui l’obligeait à s’abreuver exagérément, Marcel s’était esquivé.
Ce fut Quentin, trempé comme un poisson, qui donna l’alerte. Il avait dû entrer dans les toilettes messieurs, afin de remplir son bazooka : les grands le bousculaient et l’empêchaient d’accéder aux robinets.
Une migration impressionnante rassembla parents et enfants, de la cour de récréation vers les toilettes-messieurs pour découvrir un hideux spectacle. Marcel gisait, violacé, le nez pris dans une écharpe nouée derrière sa tête. Dans sa bouche grande ouverte, son micro enfoncé au plus profond de sa bouche. Les mains ligotées dans son dos lui avaient interdit « d’enlever ce corps étranger introduit de force dans l’orifice buccal », ainsi que le constata le médecin légiste.
« Pauvre Marcel, remarqua Mme Delpêcheur.
Elle ajouta, murmurant pour elle-même : Etouffé comme qui dirait par sa grande gueule.
03 mars 2008
SALON DU LIVRE DE BRUXELLES
Je prendrai le train avec mon mari vendredi pour BRUXELLES! (BXL pour les intimes). je dédicacerai le samedi matin et après-midi. J'espère y faire de belles rencontres. Et pourquoi pas vous? La bise aux lecteurs de "Musivol", le mot de passe secret!...
Merci pour vos com, on se sent moins seule...
De retour de BXL, je vous fais un petit compte-rendu, promis. Et une petite histoire inédite. Promis promis.
En attendant voici le lien pour me retrouver:
A bientôt donc!!
28 février 2008
BULL
Voici une nouvelle nouvelle, inédite. Le problème rencontré sur les commentaires est réglé! Je me désolais de n'avoir aucun commentaire, mais grâce à ma copine Gervase du forulm Ricochet, j'ai pu comprendre ce qui clochait. Donnez vous-en à coeur joie, maintenant!
Et voici BULL:
BULL
Certains ont une idée fixe : le temps qu’il fait, la propreté, l’argent. Oscar, lui, vivait avec une idée fixe bien plus offensive : se venger de Mike.
Depuis la maternelle, Mike lui faisait du tort. Il lui piquait ses gommettes, surtout les rouges, et les collait sur le front d’Oscar quand la maîtresse avait le dos tourné. A chaque fois, c’était Oscar qui se faisait punir alors que toute la classe riait.
Au primaire, Mike organisait des matches de foot dans la cour de l’école et le nommait gardien. Puis il lui envoyait des ballons en pleine figure, sans qu’il puisse réagir ni protester : tous défendaient le grand, le célèbre Mike.
Même les filles lui tombaient dans les bras, à la fin du collège, et ensuite au lycée. Plus tard, ils avaient choisi le même BTS et se retrouvèrent dans la même classe. Alors qu’Oscar travaillait jusqu’à des heures indues, pour des résultats miteux, Mike, lui, se vantait de travailler une petite heure par jour pour de brillants résultats :
— Et encore, disait-il, une heure, quand le programme télé n’est pas intéressant !
En ce début septembre, en deuxième année de BTS, Oscar était amoureux fou de Sandra, une jeune fille insignifiante aux yeux de Mike. Mais celui-ci avait entrepris de la séduire, tout simplement parce qu’elle lui résistait et qu’elle semblait répondre aux avances du timide Oscar. Mike se pavanait avec elle au lycée, affichant un air supérieur.
C’était la larme qui avait fait déborder les yeux et le cœur d’Oscar. Il fallait qu’il se venge. Mais il était bien trop petit et trop peu musclé pour affronter Mike de face.
Il devait trouver un moyen. L’idée lui vint un soir, alors qu’il regardait un reportage à la télé sur des chiens de combat, capables de tirer une voiture à la force de leurs mâchoires. Ces chiens pouvaient tuer un être humain en quelques minutes et étaient capables de mémoriser tout un tas d’informations.
La semaine suivante, Oscar acheta un Pittbull qu’il appela « Bull ». C’était un vrai fauve, un tout petit chiot, mais une lueur démente brillait dans son regard. Il lui apprit à détester le rouge, la couleur favorite de Mike, et même à devenir fou à l’odeur de son parfum : « Hermiani » de Garachi. Mike se douchait avec ce parfum. Oscar en trouva très facilement et en aspergea le mannequin de travail livré aux crocs de Bull. Associée aux coups, cette odeur le rendait totalement fou agressif.
Après plusieurs semaines de travail, Bull était prêt à rendre le service pour lequel il avait été programmé. Ce n’était plus qu’une question de jours, quand, ce beau soir d’octobre, Oscar se promena dans le parc public, sûr de lui. Il découvrit Sandra qui sanglotait, assise sur un banc. Mike l’avait laissée tomber comme une chaussette trouée. Il la consola de son mieux, Mike n’était qu’un petit con, il était bien d’accord. Ils se revirent au lycée et parfois au café d’en face.
Octobre passa et Oscar délaissa Bull et ses envies de vengeance. Il les reporta à plus tard, puisque la belle Sandra lui souriait, lui parlait.
Et le début de novembre exauça son vœu le plus cher : passer la nuit auprès de sa belle. Le lendemain matin, avant qu’il n’affronte les premiers froids, elle noua amoureusement autour de son cou une écharpe d’une douceur incomparable. Le cœur en fête, Oscar rentra chez lui.
Quand il ouvrit la porte de son studio, il réalisa qu’ il avait été négligent avec ce petit Bull : il avait oublié de l’attacher à sa chaîne. Fou de rage d’avoir été délaissé une nuit entière, l’estomac vide et les babines retroussées, le chien se jeta sur le jeune homme qui venait d’entrer. Bull avait flairé quelques gouttes d’«Hermiani » de Garachi sur cette écharpe du rouge le plus horrible. Cette odeur le rendait fou. C’était à coup sûr le signal tant attendu pour attaquer une proie vivante.
